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 Les fondamentaux de la stratégie de tournoi (5p)

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jerome51
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MessageSujet: Les fondamentaux de la stratégie de tournoi (5p)   Lun 28 Nov 2011 - 16:52

bonjoir

Les fondamentaux de la stratégie de tournoi


À la différence du cash game, le poker de tournoi se caractérise par un ensemble de contraintes auxquelles sont soumis tous les joueurs. En cash game, chaque main est indépendante, il y a ni blinds ni antes et l’on peut recaver ou arrêter de jouer quand on le souhaite. En tournoi, chaque main jouée peut avoir une conséquence sur l’ensemble de la partie d’autant plus que les blinds et les antes augmentent.

Ces contraintes propres au poker de tournoi constituent les paramètres majeurs à maîtriser afin d’essayer de prendre la meilleure décision pour chaque main.

Il y a deux types de contraintes :
Les premières sont des contraintes mathématiques, techniques. Elles rassemblent l’ensemble des informations concernant le niveau de votre stack, celui de vos adversaires à votre table et dans le tournoi, et le niveau des blinds et des antes. Toutes ces informations vous permettent de vous situer par rapport au reste des joueurs et de savoir, par exemple, si vous êtes en zone de danger ou non.

Le second type de contrainte est plutôt d’ordre structurel. Il s’agit du stade d’avancement du tournoi et de ce que cela implique en termes de phases de jeux. On ne joue pas de la même façon une main en début de tournoi, à la bulle ou en étant payé. Il y a bien là une adaptation du jeu en fonction du niveau du tournoi. Il faut donc repérer les différentes phases de tournoi, connaître les « comportements généraux » des joueurs dans chaque phase, et essayer d’adapter son jeu en fonction de la contrainte mathématique, la taille des stacks.

C’est en maîtrisant et en mixant ces deux types de paramètres que l’on prend des décisions adaptées à une situation particulière. Pour simplifier, j’ai considéré le jeu en tournoi à tables pleines (9 ou 10 joueurs). Le poker en short handed n’est pas tout à fait le même du fait du nombre de joueurs à la table, les analyses de M et de range de mains sont donc quelque peu différentes.

Les fondamentaux de la stratégie de tournoi - les contraintes mathématiques - Un concept central : le facteur M - les contraintes structurelles - Conclusion






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jerome51
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MessageSujet: les contraintes mathématiques    Lun 28 Nov 2011 - 16:53




La taille de votre stack est sans doute la contrainte la plus évidente du poker de tournoi.

En cashgame, vous pouvez perdre votre cave et racheter directement pour continuer à jouer. Mais en tournoi, si vous n’avez plus de jetons, c’est fini ! Gérer ses jetons au fil du temps est donc la première mission.

Prenons le cas d’un tournoi online classique où l’on part avec 1500 jetons avec des blinds 10/20. Nous allons, par une approche générale, essayer de mettre en avant cette contrainte mathématique. Vous avez donc un stack de 75BB. Cela donne d’entrée beaucoup de profondeur et une certaine liberté d’action, une relance étant en moyenne de 3BB, une surrelance 7 ou 8BB. Mais quelques niveaux de blinds plus tard, avoir 75BB, ça signifie être dans les premiers !

À un stade avancé où les joueurs n’ont plus que 20/25BB en moyenne, donc beaucoup moins de profondeur, rentrer dans un coup devient pour tous les petits tapis une question de survie qui engagera sûrement un bon pourcentage de leurs jetons (déjà 15% du stack pour une relance) voir la totalité.

Par contre, si vous avez toujours vos 75BB, une relance de 3BB ne représente que 4% de votre stack et paralyse de nombreux tapis moyens et petits qui voudraient bouger. Il est effectivement difficile pour un stack de 20BB de contester une relance d’un gros stack en sur relançant à 7. Il va souvent réduire son choix à jeter sa main ou pousser tous ces jetons.

On parle ici d’une situation où l’on tente de gagner le coup préflop. une situation de resteal donc. Peu importe la main choisie, on décidera d’abandonner le coup en cas de 4-bet. Vous avez donc repéré un gros stack qui relance une main sur deux et décidez de tenter de le contester. Si vous avez comme lui 75BB, premièrement votre adversaire sait qu’il peut tout perdre dans ce coup, ce qui peut le dissuader de continuer, et deuxièmement, votre sur relance à 7BB engage à peine 10% de votre stack. Donc s’il vous revient dessus, vous ne perdez qu’une petite partie de vos jetons.

Par contre, si vous décidez de jouer le coup de la même manière avec 20BB, c’est un tiers de votre tapis que vous risquez de perdre, et vous dissuadez moins votre adversaire qui ne risque même pas 25% de ses jetons, ce n’est donc pas rentable. C’est pourquoi, en l’absence de grosses mains, on réduit le choix à push or fold, sachant que lorsque l’on décide de faire tapis, on a tout de même une bonne fold equity. On pousse donc 20BB pour gagner 4,5BB s’il n’y a pas d’ante, le gros stack n’a aucune cote pour payer s’il n’a pas une vraie main et il n’engagera donc pas souvent ces 20BB, soit plus d’un quart de son tapis, dans une situation aussi peu rentable.

Ici, vous faites parler vos jetons (même le peu que vous avez) et je rappelle donc que la main importe peu. Évidemment, vous n’allez pas faire tapis à ce gros stack à toutes les mains et avec n’importe quoi. Sélectionnez les meilleurs spots (positions tardives, ou joueurs serrés derrière vous) et essayer de choisir les mains qui ont le plus de chances de gagner dans les cas où vous serez payé. C’est-à-dire qu’en dehors des vraies bonnes mains (gros As ou paires), vous pouvez jouer dans ce spot des mains de type As assorti, suited connectors, les broadways…

La profondeur du tapis est donc un indicateur de liberté de mouvement et influe nécessairement sur la prise de décision. Pour résumer, vous n’avez pas la même liberté d’action que vous soyez shortstack ou chipleader de votre table. Mais attention : cela n’implique pas que vous devez agresser quand vous êtes gros et resserrer dans le cas inverse, mais il est important de savoir ce que l’on peut faire et ne pas faire en fonction de son tapis. Par exemple, vous pouvez payer une relance de 3BB avec 44 dans l’optique de trouver un brelan lorsque vous avez 60BB ; si vous n’avez que 10BB, ça me paraîtrait suicidaire de jouer cette paire de la même façon…
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MessageSujet: Un concept central : le facteur M   Lun 28 Nov 2011 - 16:55

La facteur M explique très bien cette contrainte mathématique que représente la taille du stack : M = Tapis / (BB + SB + X antes) , X étant le nombre de joueurs à la table. Vous pouvez aussi raisonner en BB, mais les antes ne sont pas pris en compte dans cette méthode, l’approche est donc un peu moins précise. Si vous souhaitez faire la conversion, j’ai pris M = 2,5BB (soit 1BB pour les antes).

Ce M indique donc le nombre de tours de table qu’il vous reste à un moment donné si vous décidez de tout jeter jusqu’à l’élimination. Ce M vous permet de définir des tranches de stack qui sont des zones de confort différent pour lesquelles une adaptation du jeu est nécessaire.


C’est une approche développée par D.Harrington que j’essaie d’adapter à l’univers du poker online :

1. M>15 : c’est une zone confortable, rien ne presse, vous pouvez jouer comme vous l’aimer, un jeu conservateur convient bien à cette zone, mais vous pouvez aussi élargir le jeu pour multiplier les occasions de monter en jetons. Sachez faire parler votre profondeur sans gaspiller de jetons si vous élargissez, c’est-à-dire ne prenez pas de risques inutiles pour un gros pourcentage de votre stack. Par exemple, vous avez relancé avec 77 et un joueur vous fait tapis avec un M de 9. Ok, vous êtes sûrs à 90% qu’il a AK, mais il faut passer à mon sens si vous avez un M de 18 par exemple, car quand on a AK dans son range, on a un paquet de paires avec (supérieures aux 7 bien sûr), et dans le reste des cas, c’est un coinflip. Il est donc déconseillé de jouer la moitié ou plus de son tapis dans une telle situation, il est préférable de jeter et de choisir de meilleurs spots ou des spots identiques mais engageants une beaucoup plus petite partie de votre stack.



1. 10<M<15 : c’est une zone un peu plus délicate, votre objectif est de ne surtout pas redescendre dans la tranche inférieure. En effet, vous bénéficiez d’une bonne fold equity et d’une marge de manœuvre importante. Bref, vous pouvez encore jouer au poker ce qui est moins évident dans la tranche inférieure. Vous avez un joli stack, mais vous devez penser à vous maintenir.

Resserrer est souvent une bonne solution en étant plus agressif quand vous rentrez dans un coup, sachant vous avez un peu moins de liberté de mouvement.Cela signifie que vous ne pouvez pas jouer un jeu très large comme si vous aviez un M de 20 par exemple, car vous allez être contesté par les gros tapis. Vous êtes donc dans une situation désagréable, coincé entre les petits tapis et les gros. En resserrant votre jeu, vous donnez une image de joueur sérieux à respecter quand il rentre dans un coup ; ainsi les petits tapis seront obligés de resserrer leur range contre vous, et les gros tapis donneront plus de crédibilité à vos 3-bet.

Donc sélectionnez bien vos mains ou vos spots, montrez un monstre au showdown si possible, et le tour est joué. Vous ne serez a priori pas le joueur cible de la table et vous pourrez vous maintenir et voir même profiter de votre image pour monter en jetons.

1. 5<M<10 : Bon, les beaux conseils que j’ai donné juste au-dessus n’ont pas porté leurs fruits, vous n’avez pas eu le monstre attendu, vous êtes card dead depuis un bon moment et le peu de mains que vous jouez, vous êtes contesté. Votre stack a diminué et vous passer donc dans une tranche de stack inférieure…

Attention ! Vous rentrez dans la première zone de danger, les blinds et les antes font mal, vous devez vous maintenir et chercher un spot pour doubler si possible. Vous avez encore un peu de fold equity, donc servez-vous si vous en avez l’occasion, ce qui signifie qu’en haut de cette fourchette, vous pouvez faire passer certains joueurs (par exemple un joueur très agressif préflop mais qui lâche très facilement quand il est contesté).


Vous pouvez donc jouer un peu de votre faible stack dans des situations particulières où vous connaissez la réaction générale de votre adversaire. Restez patients, ne gaspillez pas de jetons, ni de bons spots ! Vous devez savoir comment rentrer dans un coup et donc bien sélectionner vos mains : ici, soit vous ouvrez le coup, soit vous sur relancez. Si vous ouvrez par une relance classique à 3BB, vous devez avoir une bonne main avec laquelle vous assumerez les sur relances à tapis (on parle donc ici de 99+ et AQ+ en ajustant selon votre adversaire et de la connaissance que vous avez de son jeu). Si vous êtes en sur relance, vous devez donc choisir le bon spot (donc agresser un joueur qui lâche facilement par exemple) ou la bonne main. Votre range de mains est un peu plus large que si c’est vous qui ouvrez et dépend clairement de qui a ouvert. Les mains à sélectionner ici peuvent être 55+ et AT+, toujours en ajustant selon l’adversaire (je jetterai AQos contre une vraie serrure, mais je pousserai sans hésiter ATos contre l’agressif de la table). Évidemment, tous ces éléments sont à ajuster aussi en fonction du stade du tournoi, ce que nous verrons après.

1. 2<M<5 : la situation est critique, vous avez très peu de marges de manoeuvre et votre choix se résume à jeter ou faire tapis, vous avez peut-être encore un peu de fold equity sur les joueurs blindés essentiellement... Vous devez donc bouger à la première bonne occasion, c’est-à-dire avec une vraie main ou au bon moment (en position tardive quand vous savez que les joueurs de blinds sont serrés, par exemple).

C’est une zone où il est important de connaître les joueurs à votre table, donc soyez observateurs, même quand vous n’êtes pas dans le coup. Votre range de mains dépend évidemment de votre position à la table, mais vous devez élargir considérablement car vous n’avez pas les moyens d’attendre les As. Gagner un pot préflop par tour représente une grosse part de votre tapis et vous permet surtout de survivre un tour de plus en attendant un vrai spot pour doubler.

Le range est donc, pour moi, 88+ et AJ+ en début de parole, 44+, AT+ et QJ+ en milieu de table, 22+, 89+, Ax, K9+ au bouton et cutoff et en petite blind si le pot n’est pas ouvert, je ferais tapis avec 95% des cartes... Bien sûr, on ne peut pas appliquer froidement une telle sélection, il faut encore et toujours savoir qui sont les joueurs à la table et ce qu’ils sont capables de faire.



1. M<2 : la situation est désespérée, vous ne faites plus peur à personne. Si vous rentrez dans un coup, vous devez évidemment faire tapis (même et surtout si vous avez AA). Vous allez donc avoir urgemment besoin de chance. Bon, en ce qui concerne le range de mains, là, c’est assez simple, vous poussez tous les A, les K, les Q bien pas trop mal accompagnées, tous les connectors, les suited… et peu importe la position.

Tout ce qui peut vous faire passer ici, c’est le stade du tournoi (par exemple, vous êtes à la bulle au bouton avec KQ, ou A5, vous allez très certainement jeter sachant que vous avez un tour gratuit en plus ; mais si vous êtes loin des payés ou déjà payé, il faut pousser !).

Dans le calcul et l’utilisation du M, vous devez aussi anticiper les changements de blinds qui peuvent rapidement vous faire passer d’une zone à une autre.

Les 2 versants du M…

Mais la taille de votre stack n’est qu’un élément dans la prise de décision. Il faut aussi prendre en compte le stack moyen du tournoi et bien évidemment comparer son stack à ceux qui sont présents à la table.

Premièrement, le stack moyen du tournoi vous permet de vous situer par rapport à l’ensemble des joueurs restants. Certes, j’ai rappelé qu’un M inférieur à 10 signifie souvent que vous commencez à être en danger et que vous devez bouger rapidement, mais dans certains tournois (turbo ou juste à structure lamentable), la moyenne à 40 joueurs restants, ou même jusqu’en table finale, est de M=8. Dans ce cas, si votre M est de 9, vous n’êtes pas directement sous pression. Par contre, dans un tournoi deepstack, si à 40 joueurs restants vous avez un M de 9, vous faites très certainement partie des shortstacks, et là, vous devez réagir rapidement. Cet exemple illustre bien le fait que se fier à son M est insuffisant comme critère de décision.

Il faut donc se situer par rapport à l’ensemble du field, et deuxièmement, par rapport aux joueurs présents à la table, en comparant votre M à celui de vos adversaires directs. Par exemple, vous êtes dans un tournoi quelconque à un moment où le M moyen est de 20. Vous avez un M de 10, donc assez shortstack par rapport au field. Si la moyenne à votre table est de 30, a priori, vous risquez de subir le jeu assez large et agressif de ces tapis profonds. Cela vous met en situation de défense car vous savez que vous pouvez être éliminé en une main.

Mais si vous êtes chipleader de la plus petite table du tournoi où le M moyen est de 5, là c’est différent, c’est vous qui dominez les débats et couvrez tous vos adversaires.

On a ici deux situations où, à stack égal, vous n’allez clairement pas jouer de la même façon une même main. Par exemple, vous êtes chipleader de votre table avec un M de 10 et vous avez AQ suited. Vous relancez normalement à 3BB en vous apprêtant à payer n’importe quel joueur ou presque qui pousserait ses 8/12 BB. Dans l’autre table, vous avez toujours un M de 10, mais vos adversaires vous couvrent tous. Vous retournez la même main, vous ouvrez toujours à 3BB, mais là, vous êtes surrelancé. La décision est alors totalement différente. Est-ce un resteal ou non ? Comment joue-t-il habituellement ? Le joueur est-il commited ? Vous allez donc vous poser des questions pour décider ou non de fold/call/raise, donc de jouer votre tapis ou non. Vous n’avez pas fait tout ce processus dans la situation précédente, car la cote mathématique vous poussait fortement à payer, sachant que vous ne risquiez pas d’être éliminé.

À stack égal, avec la même main, on voit bien que les stacks en présence à la table modifient votre manière d’aborder un coup. Et en tournoi, vous êtes régulièrement changé de tables, vous avez donc affaire à d’autres stacks et à une dynamique de jeu différente. Il est donc essentiel d’être vigilant à ceci et d’adapter son jeu en conséquence pour réussir en tournoi.

La taille du stack est donc une contrainte inhérente au poker de tournoi, qu’il faut gérer en tenant compte des autres stacks, du niveau des blinds/ante présents et à venir (une simple augmentation de blind peut faire passer un tapis dans la zone de danger) afin de déciser de jouer une main ou non.

Votre tapis, la situation de la table et du tournoi en général, vous donnent donc un « ensemble d’informations mathématiques préflop ». Ces informations sont nécessaires pour déterminer votre liberté d’action ainsi que celle de vos adversaires. Avec le temps, cela devient un automatisme qui permet de prendre de meilleures décisions et de mieux comprendre celles des autres.
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jerome51
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MessageSujet: Les contraintes structurelles   Lun 28 Nov 2011 - 16:57

À ces contraintes mathématiques, viennent s’en ajouter d’ordre plutôt structurel ou stratégique. Il s’agit du stade d’avancement du tournoi et tout ce que cela implique psychologiquement, stratégiquement pour vous et vos adversaires. En effet, en tournoi, votre stack est toujours menacé du fait de l’augmentation des blinds et l’apparition des antes. Il en résulte que le stack moyen diminue (en M ou BB) au cours d’un tournoi.

Cette baisse de la profondeur moyenne des stacks tend à réduire les possibilités de mouvement de la majorité des joueurs. Ce phénomène s’accentue au fur et à mesure que la partie avance, et est particulièrement visible à la bulle.

Adapter son jeu en fonction du niveau du tournoi est essentiel. Je suppose qu’il est évident pour tout le monde qu’on ne joue pas de la même façon une main en début de tournoi, à la bulle ou en table finale.

Il faut donc identifier des phases de jeu durant lesquelles les données mathématiques ou structurelles changent et adapter sa manière de jouer. Pour faciliter cette approche, on divise un tournoi en phases, où l’on peut noter des changements dans le jeu des joueurs :

Phase 1 : c’est le début du tournoi, les blinds sont faibles, il n’y a pas d’ante, tout le monde a le même stack,
Phase 2 : c’est le milieu de tournoi, les blinds sont assez élevées, les antes sont apparus, les pots préflop prennent de l’importance, le field diminue,
Phase 3 : c’est la bulle, la pression monte, le jeu se « polarise »
Phase 4 : tous les joueurs restants sont payés, les petits tapis rouvrent leur jeu, les paliers s’enchaînent,
Phase 5 : c’est la bulle de la table finale …
Phase 6 : la fameuse table finale !

Commençons par la phase 1. C’est donc le début de tournoi, vous avez de la profondeur, comme tout le monde. Vous pouvez donc être actif mais les pots sont tout petits et inintéressants à prendre préflop. Le type de jeu à adopter dépend souvent de l’activité à la table. De manière générale, on dit qu’il faut jouer à l’inverse de ces adversaires (si la table est agressive, jouer serré et inversement). Le jeu conservateur convient assez bien à cette phase mais certaines tables sont tellement serrées que ne pas élargir devient quasiment une erreur.

En tout cas, c’est une période d’observation pour les joueurs, certains vont jouer beaucoup de pots en position avec des mains marginales (les connectors, les assortis…) pour multiplier les occasions de doubler, d’autres vont jouer très conservateur (les premiums, les petites paires quand ils ont la cote…) et attendre les spots sûrs pour attraper les joueurs trop actifs… On peut voir beaucoup de joueurs dans les coups durant cette période, et le jeu postflop est important.

Un peu plus tard en phase 2, les blinds augmentent toujours et les antes apparaissent. Le pot inital commence à prendre de la valeur et le vol de blind devient plus intéressant. Le jeu préflop commence donc à être utilisé dans le but de gagner le pot sans combat. Le nombre de joueurs par pot peut être encore assez élevé selon le jeu de la table.

Le M moyen du tournoi diminue (comme tout au long du tournoi), et chaque coup joué implique un pourcentage croissant du stack. Pour la majorité du field, la liberté de mouvement se réduit, la stratégie doit donc être adaptée à la taille du stack et à cette contrainte structurelle qui tend à faire baisser le M moyen.

Quel que soit votre style de jeu, il est important de rester cohérent par rapport à la vision que vos adversaires ont de vous. Prenons un exemple : vous êtes un joueur très serré et vous venez de doubler avec AA, la seule main que vous avez jouée des 30 dernières. Ne vous mettez pas alors à jouer une main sur 3 parce que vous couvrez tout le monde, car cela va se remarquer à la table et les joueurs expérimentés n’hésiteront pas à vous resteal. Il est préférable de rester cohérent et de commencer simplement à jouer une main ou deux supplémentaire, de temps en temps… Si vous êtes changé de table, libre à vous d’élargir votre jeu si vos adversaires sont serrés… Ce conseil est d’ailleurs valable tout au long du tournoi, mais il l’est particulièrement en phase 2 (et 4) car les joueurs ont de la profondeur et peuvent donc vous contrer facilement si vous changez trop grossièrement votre manière de jouer.

L’essentiel des éliminations se fait durant ces deux phases, puisqu’en général, seulement 10% des joueurs sont payés.

La phase 3 qu’est la bulle est essentiellement d’ordre psychologique. Il ne reste plus que quelques joueurs à sortir pour être payé (je considère que le nombre de joueurs qui constitue la bulle représente environ 10% du nombre de joueurs payés, par exemple, un tournoi à 1000 joueurs, 100 payés, la bulle commence à 110 joueurs) C’est sûrement le moment où les comportements sont les plus polarisés. C’est là que l’on voit que tout le monde n’a pas le même objectif : alors que certains ne jouent « que pour aller au bout » et vont agresser avec n’importe quelles cartes pour monter du jeton à la bulle, d’autres font passer le temps et jètent toutes leurs mains à part AK et QQ+ , mains qu’ils vont souvent jouer en open shove même avec 40BB. C’est donc le jeu préflop qui domine et l’on voit peu de flops, ou alors rapidement accompagnés d’une turn et d’une river.

Effectivement, la taille du stack joue un rôle essentiel et rappelle pour de nombreux joueurs l’objectif premier : être payé. Ainsi, certains joueurs de type agressif vont resserrer s’ils sont plutôt shortstack à la bulle. Mais c’est une période du jeu où la nature même du joueur et l’importance relative que le tournoi a pour lui prennent le dessus sur la réalité mathématique. Pour simplifier, ces certains vont totalement oublier la contrainte mathématique à la bulle.

Par exemple, un joueur serré de nature qui est gros à la bulle ne va pas forcément agresser sa table et inversement, un joueur agressif shortstack ne va pas nécessairement se laisser faire. Dans la même optique, un joueur qui fait un tournoi bien au-dessus de ses moyens (son premier Sunday million par exemple, alors qu’il n’avait que 250$ de bankroll) va très probablement jouer serré, qu’il soit petit ou énorme ; et inversement, un joueur régulier online (qui l’a déjà gagné en plus le Sunday million !) va sûrement rester actif et chercher les pots faciles ou les bons spots pour doubler.

La phase 4 est assez particulière car, tout d’abord, les joueurs survivants sont payés et le jeu change drastiquement aux tables en général. Les petits tapis n’ont plus peur de sauter et vont pour la plupart tenter de doubler rapidement. C’est donc une seconde phase d’écrémage du field avec de petites bulles à chaque palier qui sont moins disputées dans l’ensemble.

Cela étant, contrairement aux phases 1 et 2, les tapis sont beaucoup moins profonds et, rentrer dans un coup signifie souvent engager une grosse partie du stack voir la totalité. Le jeu a donc plutôt tendance à se resserrer et les coups se gagnent beaucoup préflop, le jeu postflop étant réservé à ceux qui en ont les moyens.

Vous avez sûrement remarqué en regardant un gros tournoi online qu’à un certain stade, on voit des relances et surrelances, des folds et des allins, mais beaucoup moins de calls, et, au final, en tant que spectateurs, on ne voit pas de cartes !

Le jeu préflop domine donc car le pot initial est très conséquent dans cette phase. Il y a donc beaucoup de relances pour voler, et donc de surrelances pour resteal. Les petits tapis sont spectateurs de tout cela, et attendent leur spot.

Il est aussi à noter que le field se restreint considérablement, vous allez donc commencer à retrouver souvent les même joueurs en cas de changement de table. L’attention au jeu, même lorsque l’on est en dehors du coup, est donc essentielle. Vous pourrez ainsi prévoir vos adversaires et agir en conséquence.

Tout le monde veut certes aller en table finale, mais chacun a sa stratégie en fonction de la contrainte mathématique, évidemment. Certains vont donc surjouer, un peu comme à la bulle, s’ils sentent que leurs adversaires ont choisi le chemin de la patience. Sachant cela, vous pouvez en déduire les ranges de la plupart des acteurs de la table, ce qui est essentiel durant cette phase de jeu, et donc faire de meilleurs choix. Une partie des erreurs d’un joueur réside dans le manque d’information sur ces adversaires. À ce stade-là du tournoi, ça ne doit pas vous arriver, donc soyez vigilants.

La phase 5 est donc la bulle de la table finale. C’est le dernier palier avant la table finale. Il n’y a plus que 10 joueurs pour 9 en table finale, et hormis l’écart financier entre la 10ème et la 9ème place, personne ne veut perdre juste avant la table finale. La barrière psychologique est bien là comme lors de la première bulle, et le jeu se repolarise souvent, surtout lorsque un ou deux tapis dominent largement les autres.

La seule différence avec la bulle précédente, et elle est majeure, c’est que les 10 joueurs sont répartis en deux tables de 5. Vous jouez donc en shorthanded jusqu’à l’élimination d’un joueur. Il en résulte que vous allez poster les blinds plus souvent et donc être impliqué dans beaucoup plus de coups que vous le vouliez ou non.

C’est une période très difficile pour les shortstacks en l’absence de bonnes mains car leur stack diminue à vue d’œil. Pour se maintenir, ils doivent voler les blinds une fois sur cinq en considérant qu’ils ne défendent pas les leurs. Cela implique donc qu’ils doivent voler deux fois plus souvent qu’en table pleine ; cela étant, les chances de tomber sur un gros jeu chez l’adversaire sont moindre qu’en table pleine. En tout cas, le risque d’élimination est bien là, et les gros stacks vont souvent jouer.

La stratégie de ces gros tapis va souvent être la même : agresser les joueurs serrés et les tapis moyens qui attendent que les petits sautent. Les petits tapis ne sont pas épargnés, mais il faut éviter de les jouer avec n’importe quoi pour ne pas les faire doubler.

La phase 6 : la table finale ! Cette phase finale du tournoi mérite sans doute un dossier à elle toute seule, donc je vais juste survoler cette partie. Ce que l’on peut dire pour simplifier, c’est qu’il s’agit d’un SNG à stacks inégaux dans lequel vous connaissez le jeu de vos adversaires pour les avoir a priori tous joués. Tout le monde est payé mais il y a des paliers à chaque place, et les gains sont très conséquents par rapport à la somme investie (en tout cas, c’est le cas dans les tournois à gros field).

C’est la phase où les 2 types de contraintes jouent fortement sur les décisions. En général, le premier réflexe en arrivant à une table finale est de repérer les shortstacks. Tous les joueurs moyens vont avoir les yeux rivés sur eux en espérant qu’ils se fassent éliminer, un peu comme lors des bulles. Les petits tapis eux ne sont pas du tout pressés de sortir, surtout qu’il y a à nouveau 9 joueurs présents.

Le jeu va donc se resserrer jusqu’à ce qu’il n’y ait que 6 joueurs ou moins, où les données ne seront plus les mêmes. Cette période est donc parfaite pour les gros stacks agressifs qui vont essayer de s’imposer et de monter des jetons. Leurs cibles vont souvent être les joueurs moyens car, en les agressant, il ne se « commit » pas et ont de grandes chances de gagner le coup préflop. C’est un facteur à prendre en compte lorsqu’on est moyen en table finale pour ne pas se faire grignoter par le chipleader le temps que les petits soient éliminés.

Donc, si vous êtes arrivés en table finale, il me reste plus qu’à vous souhaiter bonne chance !
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MessageSujet: Conclusion   Lun 28 Nov 2011 - 16:58

Cette approche du poker de tournoi par les contraintes auxquelles sont soumis les joueurs permet de mettre en place une sorte de grille d’informations. Cette grille ne vous dit pas comment jouer mais elle vous donne tous les éléments nécessaires à la prise de décision (votre stack, les autres stacks à la table et dans le tournoi, le stade d’avancement du tournoi et la connaissance que vous avez de vos adversaires). Vous devez donc penser à ces éléments avant de vous engager dans un coup.

C’est évidemment un effort à faire au début, mais avec le temps, ça devient un automatisme, vous le faites même sans vous en rendre compte dans la plupart des cas (car les décisions sont faciles).

Lorsque vous maîtrisez cette « grille d’action », vous pouvez justement en jouer et en sortir un peu pour être moins prévisible. Connaître ces contraintes est donc une base nécessaire pour trouver sa manière de jouer un tournoi.

Il n’y a pas qu’un chemin pour réussir en MTT, un joueur serré peut gagner comme un joueur agressif, mais dans tous les cas, on ne peut pas être un joueur gagnant quand on ne possède pas ces fondamentaux.




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jerome51
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MessageSujet: Re: Les fondamentaux de la stratégie de tournoi (5p)   Lun 28 Nov 2011 - 16:59

bonne lecture

salut et banzaiiiiii

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MessageSujet: Re: Les fondamentaux de la stratégie de tournoi (5p)   

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Les fondamentaux de la stratégie de tournoi (5p)
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